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Marie, Lucina Boisvert voit le jour le 23 avril 1871 à Saint-Édouard-de-Lotbinière. Elle est la fille de Léonard Boisvert et d'Agnès Bibeau, une métis originaire de Saint-Louis-de-Lotbinière. Le 14 avril 1896, Lucina, âgée de 25 ans, et Pierre qui a alors 27 ans se marient à Saint-Édouard-de-Lotbinière. Félix et Julie (mariés le 7 janvier 1862) commencent à défricher un lot octroyé par le Seigneur Henri-Gustave Joly de Lotbinière, lot qu'il transmettra à Pierre en 1901. Le lopin de terre s'agrandira avec le temps et deviendra ce bien paternel situé à l'est du village sur la route 226 (aujourd'hui le no. Civique 2320, Principale E.). Le propriétaire actuel, Jacquelin Lemay, fils de Dominique est de la 5ième génération de Lemay à posséder ce bien. Pierre, dit "Pierrot" est une figure dominante. Il tient sa haute taille (1.80m, 90kgs) de son côté maternel.
Dans ce temps-là, on va à l'école seulement lorsqu'on a le temps, c'est-à-dire en dehors du temps des récoltes, des labours et des semences. Il n'est donc pas surprenant de retrouver un grand-père qui n'a jamais su réellement lire et qui signe "Pire". Par contre, cet homme développera des valeurs et une vision qui guideront son action tout au long de sa vie. L'agriculture est le moyen privilégié pour survivre. Son objectif est d'offrir en héritage une terre des alentours à chacun de ses fils. On y traille en coopérative familiale pour un bon moment, jusqu'à ce que chacun vole des ses propres ailes. Tout le reste gravite autour de ce principe.
En cela, il recherche les innovations techniques. Pour lui, le progrès est important. S'il s'invente un nouveau "mécanique agricole", il l'achètera et une fois ses travaux terminés, il contractera du travail chez d'autres cultivateurs. Les plus fortunés paieront la location, les autres remettront du temps à l'occasion. Comme le dit le dicton : "Pas de progrès, pas d'avancement".
Dans les années 1930 jusqu'à 1945, il a la bonne fortune de faire l'élevage de renards argentés dont la fourrure est recherchée. Ces succès s'ajoutent à son leadership. Plusieurs viennent lui demander conseil. Il s'intéresse pour un temps à la politique provinciale et aux oeuvres paroissiales. Guidé par sa foi chrétienne, il a une confiance absolue dans l'humain. Il n'hésite pas à appuyer, même financièrement, le jeune qui veut s'établir, surtout s'il s'agit d'un service pour la paroisse. Ce sera le cas du charron ou du forgeron. De plus, guidé par le curé du temps, il financera les études de plus d'un religieux. Il est toujours prêt à "donner un coup de main" comme il dit.
En résumé, cet homme aura démontré un grand sens du devoir et de la générosité. Si la vie lui a beaucoup apporté, on peut dire qu'il a beaucoup donné.
Du couple Pierre ( 30 janvier 1869 - 8 mai 1952) - Lunica Boisvert (23 avril 1871 - 21 octobre 1941) survivent 7 enfants dont 3 filles. Ils en adoptent une autre, Jeanne Boisvert.
Julia (7 mai 1898 - 13 août 1983) - épouse Désiré Blanchet le 7 juillet 1919. Le couple s'établit sur une ferme et Désiré fait chantier durant plusieurs années dans les forêts de la Seigneurie de Lotbinière. Ils
eurent 16 enfants et comptent plus d'une centaine de descendants avec
leurs alliés en trois générations.
Rodolphe (27 mai 1899 - 23 novembre 1970) convole en justes noces avec Marie-Anne Blanchet le 10 mai 1920, puis avec Annette Boucher le 24 novembre 1962. Une fille, Pricille, naît de la première union.
Antoine (29 juillet 1900 - 19 février 1976) devient le conjoint de Bernadette Blanchet le 8 mai 1923. La famille de 11 enfants grandit sur le bien paternel acquis de son père Pierre. Son fils Dominique prendra la relève et continuera l'exploitation de la ferme laitière.
Auray (29 février 1904 - 28 janvier 1981) marie Lucienne St-Onge le 24 août 1927. Le couple s'établit sur une ferme, toujours à Saint-Édouard, mais Auray préfère la mécanique. Il combinera les deux, mais il restera toujours le "patenteux" de la famille. À la fin de 2001, tante Lucienne (96 ans), la seule encore vivante de cette génération, doit quitter son appartement, où elle était encore autonome, à cause d'une fracture à une jambe subie lors d'une chute.
André-Côme (30 novembre 1905 - 25 avril 1980). Ordonné Père Dominicain le 7 février 1932, il sera prédicateur itinérant et prêchera des retraites pendant près de 30 ans.
Rollande (13 juin 1908 - 24 décembre 1997). Soeur Blanche d'Afrique depuis le 13 septembre 1934, elle passe 20 années dans les missions de l'Ouganda.
Alida (5 avril 1909 - 12 septembre 1962) s'unit à Roger Lemay le 4 juillet 1932. Ils vivent quelques années sur une ferme dans le voisinage immédiat de chez Pierrot, puis Roger devient propriétaire d'un garage au cours des années 1950 avant d'aller travailler à Shefferville comme mécanicien, jusqu'à sa retraite. Le couple aura 6 enfants.
La parenté de Saint-Édouard-de-Lotbinière
Félix et Julia : Andronique et Zélia, Albert et Léocadie, Pierre et Lucina, Égide et Rosée, Cordélia et Aldalbert, Anésie et Lucien, Julie et Joseph, Évelyne et Alphonse, Marie-Louise et Laurent ;
Des Lemay et des Castonguay, des Coulombe et des Boucher, des Pilote et des Lemay, des Daigle et des Bernier, et encore des Lemay. Puis, vingt ans plus tard : Des Boisvert, des Rousseau, des Guimond et des Chrétien, Des Blanchet, des Bergeron, des Hamel et des Lemay, Des Martel, des Blais, des St-Onge et des Poulin, Des Jacques, des Auger, des Laliberté et des Lemay, Des Leclerc, des Turcotte, des Lauzé et des Bélanger, Des Lachance, des Hardy, des Soucy et des Lemay. Y a-t-il à Saint-Édouard des gens qui ne soient pas parents ! Note : On compte, avec leurs alliés, environ 1,500 descendants de Félix et Julia, en l'an 2000.
photo de famille prise en 1953. Assis : Rollande, soeur Blanche d'Afrique et André-Côme, Dominicain. Debout : Jeanne Boivert, Alida, Rodolphe, Julia, Antoine et Auray.
Petit-fils de Pierre et fils d'Antoine, je viens rendre hommage à ceux et celles qui, comme "Pierro", nous ont laissé en héritage de solides valeurs et un coin de pays inestimable.
Martial Lemay, Lotbinière.
Faire de la généalogie, c'est faire jaillir le tronc et les branches de cet arbre dont les racines seraient demeurées cachés dans nos tiroirs.
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